L’Odyssée d’une année (Face I : le narratif d’un dialogue)

Article : L’Odyssée d’une année (Face I : le narratif d’un dialogue)
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29/12/2024

L’Odyssée d’une année (Face I : le narratif d’un dialogue)

C’était un de ces soirs que Dakar sait si bien offrir. La ville, dans son vacarme persistant et la quiétude d’un ciel étoilé, semblait suspendue dans un équilibre entre astres et désastres.

Homme seul au sommet du phare des mamelles de Dakar. © SAMAKE - AI Generated image
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Perché au sommet du Phare des Mamelles, je scrutais en contrebas le « Ndakaaru By Night », telle une mer d’électricité dans un chaos organisé. Sur ce toit, un rendez-vous m’attendait, mais pas le genre idyllique, « under the Mistletoe » comme disent les anglais. Navré de vous décevoir, pas de French-Kiss sous le gui, ni de murmures complices ce soir. Désolé, mais j’avais rendez-vous avec (le bilan de) mon année.

Seul, presque en silence, je m’étais hissé jusqu’à ce point culminant, cherchant à dominer les décors, mais surtout mes pensées. Une introspection m’appelait, urgente, nécessaire. La nuit était dense, chargée d’un étrange pressentiment. Soudain l’air parut lourd et la mer devint sourde. Le calme apparent cachait un trouble sous-jacent. Puis, sans bruit, elle est apparue — l’Année 2024 était là, je n’étais plus seul.

Homme seul au sommet du phare des mamelles de Dakar. © SAMAKE - AI Generated image
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Elle n’avait ni forme précise ni visage à décrire. Sa présence était à la fois immatérielle et imposante Elle était le poids accumulé de 365 jours, dont chaque événement formait des plis invisibles. Son silence était assourdissant, mais bientôt, sa voix brisa l’air. Grave et solennelle, elle s’imposa sur ces mots :

« T’avais des rêves pleins les yeux. Des promesses, trop présomptueuses… J’ai jeté un œil sur tes projets. Et moi, naïve, j’te croyais prêt. J’ai vu tes doutes, tes combats perdus d’avance, Des luttes de façade où tu jouais la résistance. »

Chaque mot portait la violence d’une flèche, trouvant sa cible avec précision. Mais je ne me dérobai pas. Avec l’audace de celui qui se sait à la fois coupable et victime, je laissai monter en moi une réponse.

Oui, j’avais failli, mais elle — l’Année —, qu’avait-elle fait, sinon accumuler les drames ? Gaza en flammes, le Congo étouffé par ses larmes, Mayotte noyée sous des débris… Partout, des ruines. « Toi aussi, tu as échoué », aurais-je voulu lui crier.

Comme pour lire dans mes pensées, l’Année, imperturbable, riposta. « Je ne suis qu’un cadre, une toile vierge, un miroir. Ce que tu vois, c’est ce que toi, humain, tu as dessiné. Je n’ai imposé ni guerre, ni paix. Les choix étaient tiens. Gaza, le Congo, Mayotte ? Où étais-tu, toi, quand il aurait fallu agir ? »

Homme seul au sommet du phare des mamelles de Dakar. © SAMAKE - AI Generated image
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Ses paroles résonnaient comme un jugement implacable. Pourtant, une partie de moi savait qu’elle avait raison. Je luttais pour me relever, pour avancer, mais le poids du monde était écrasant. Chaque pas était une épreuve, chaque victoire, si rare, un souffle volé à la tempête.

« Tu es bon pour les excuses, » assena-t-elle avec une pointe de sarcasme. « Mais sache ceci : si je suis la toile, toi, tu es le peintre. Si je suis le bois, alors toi, tu es la flamme. Coupe le son des plaintes et monte le volume de la foi. »

Ces mots, durs, mais justes, laissèrent place à un silence lourd de vérités. L’Année, fatiguée, mais ferme, conclut : « 2025 arrive. Elle ne te doit rien. Tout ce qu’elle portera — graines ou friches — sera ce que tu en feras. Souviens-toi : l’Année ne façonne pas l’Homme. C’est l’Homme qui façonne ses saisons. »

Homme seul au sommet du phare des mamelles de Dakar. © SAMAKE - AI Generated image
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Et puis elle disparut, comme une brise qui s’estompe. Je restai seul, perché sur mon toit, dominant la ville et les décors. Une lueur douce perçait à l’horizon, fragile, mais présente, comme une promesse. 2024 s’éteignait, et moi, je me tenais prêt. Mon cœur, apaisé, mes rêves aiguisés.

L’avenir n’était pas écrit—il était à réinventer.


Ceci était la Face I de l’Odyssée d’une année : le narratif d’un dialogue, une version comme à l’accoutumée (style narratif), où le récit mêle introspection et poésie pour capturer l’essence d’un bilan (m’enfin, je l’espere – Oui, je suis modeste).

En offrant une Face II de l’Odyssée d’une année: le versus d’un dialogue, je sors de ma zone de confort, un style plus cru et axé sur les deux protagonistes, un affrontement verbal où s’entrelacent reproches et vérités. (Envie de voir du Xulloo, suivez ce lien : LE VERSUS D’UN DIALOGUE)

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Commentaires

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y3arso